Les tremblements de terre, partie II : pourquoi, où, conséquences

Publié par Jacques Bourgois, le 16 février 2026   1

Du fait de sa structure, la croûte terrestre est chaque jour en mouvement. Le tremblement de terre le plus meurtrier de l’histoire a eu lieu en Chine (Shaanxi) en 1556 en faisant plus de 830 000 victimes. La France est également touchée puisqu’elle connait régulièrement des séismes notamment dans l’Est, le Sud-Est et les Pyrénées, heureusement de faible à moyenne intensité. En revanche, les régions d’outre-mer sont plus concernées avec des séismes plus violents que ceux de la métropole. Les impacts économiques des séismes sont particulièrement importants : par exemple, le tremblement de terre de Tohoku (Japon) en 2011 à l’origine d’un tsunami ayant causé l’accident nucléaire de Fukushima, a été le séisme le plus onéreux de l’histoire avec des dégâts estimés à 210 milliards de dollars US. Mais pourquoi, la Terre tremble-t-elle ? Où tremble-t-elle le plus ? Comment se forme un tremblement de Terre ? Qu’en est-il en Rhône-Alpes-Auvergne ?

La Rotonde (Ecole des Mines de Saint-Etienne) vous invite du 2 mars au 25 juillet 2026 à une exposition intitulée « Quand la Terre tremble ». Accompagné par l’équipe de médiation et à travers différents ateliers interactifs, vous visiterez les trois espaces de cette exposition : qu’est-ce qu’un tremblement de terre ? Comment caractériser et mesurer un tremblement de terre ? Peut-on se protéger d’un tremblement de terre ? Toute l’équipe de la Rotonde vous attend pour cette visite passionnante au centre de la Terre.

Plusieurs théories ont été proposées, depuis l’Antiquité, pour expliquer l’origine des tremblements de terre :

  • Thalès de Milet (624-545 av. J.C.) considère que la Terre flotte sur un grand océan comme un bateau, elle est ainsi secouée par les eaux en roulant et en tanguant (pour lui, la Terre était plate…idée contredite plus tard par Aristote mais encore de mise de nos jours pour les ‘Platistes’ !).
  • La théorie pneumatique d’Aristote (384-322 av. J.C.) : la chaleur de la Terre soit interne, soit provenant du soleil crée le « pneuma » (ou souffle) qui lorsqu’il est dirigé vers l’extérieur donne naissance aux vents alors que lorsqu’il est dirigé vers l’intérieur du sol, il s’y accumule et crée ainsi les tremblements de terre. Cette théorie perdura durant plus de 2000 ans.
  • Sénèque (4 av. J.C.-65 ap. J.C.) propose une variante de la théorie pneumatique. Des cavités et de l’eau existent dans les profondeurs de la Terre, la chaleur qui y règne provoque un dégagement de vapeur dont la pression est capable de disloquer le sol.
  • A la Renaissance, une théorie dérivée de celle d’Aristote voit le jour. Les gaz responsables des tremblements de terre proviennent de l’inflammation de matières combustibles comme le soufre, le bitume, le salpêtre …
  • Au XVIIIème siècle, l’électricité est à la mode et peut tout expliquer…même les tremblements de terre. Ce sont des phénomènes électriques analogues à la foudre, les cavités souterraines revêtues de soufre et de bitume et remplies d’eau se comportent comme des condensateurs (bouteilles de Leyde) dont les décharges provoquent des secousses dans le sol. Ces explications ont été également utilisées pour prévenir des séismes : le Para-tremblement de terre (une barre métallique enfoncée dans le sol attirera la ‘foudre souterraine’ donc plus de foudre et plus de tremblement de terre).
  • La théorie de l’électricité responsable des séismes a fait long feu et on en est revenu ensuite à la théorie pneumatique avec pour conséquence des solutions innovantes pour empêcher les tremblements de terre : il fallait simplement creuser des puits de décompression dans le sol pour faire échapper les gaz en excès !
  • A la fin du XIXème siècle, on commença à s’intéresser aux effets géologiques et à identifier les zones sismiques. Le concept de la dérive des continents a été développé par Alfred Wegener au début du XXème siècle et la théorie de la tectonique des plaques ne fut acceptée par le monde scientifique qu’à la fin des années 1960.

Les ondes sismiques :

Un séisme se déclenche toujours en profondeur le long d’une faille. Les roches profondes sont soumises à des contraintes qui s’accumulent au cours du temps du fait des déplacements et qui déforment peu à peu la roche. Lorsque la contrainte dépasse la résistance des roches, la quantité d’énergie accumulée est libérée entraînant un glissement brutal du milieu rocheux le long du plan de faille un dégagement de chaleur par friction et des vibrations qui se propagent sous forme d’onde dans toutes les directions transportant l’énergie à travers la Terre : les ondes sismiques. Ces dernières sont similaires aux rides qui se forment à la surface de l’eau lorsque l’on lance un caillou dans un lac : elles naissent à l’endroit du choc caillou-eau, puis s’étalent en surface en créant une multitude de rides d’une amplitude de plus en plus faible. Un séisme se déclenche toujours en profondeur le long d’une faille. Les roches profondes sont soumises à des contraintes qui s’accumulent au cours du temps du fait des déplacements et qui déforment peu à peu la roche. Lorsque la contrainte dépasse la résistance des roches, la quantité d’énergie accumulée est libérée entraînant un glissement brutal du milieu rocheux le long du plan de faille un dégagement de chaleur par friction et des vibrations qui se propagent sous forme d’onde dans toutes les directions transportant l’énergie à travers la Terre : les ondes sismiques. Ces dernières sont similaires aux rides qui se forment à la surface de l’eau lorsque l’on lance un caillou dans un lac : elles naissent à l’endroit du choc caillou-eau, puis s’étalent en surface en créant une multitude de rides d’une amplitude de plus en plus faible.

Il existe deux types d’ondes sismiques :

  • Les ondes de volume : 2 catégories qui se propagent à l’intérieur de la Terre
    • Ondes P (primaires) : ce sont des ondes de compression qui se déplacent dans la direction de propagation en compressant et en étirant alternativement le milieu (solide, liquide, gaz). Ces ondes se propagent selon la nature du sol à des vitesses comprises entre 6 et 8 km /s.
    • Ondes S (secondaires) : ce sont des ondes de cisaillement qui se déplacent uniquement dans les solides. Leur mouvement est perpendiculaire à la direction de propagation de l’onde. La roche peut donc osciller dans le plan horizontal (d’avant en arrière) ou vertical (de haut en bas). Ces ondes progressent à une vitesse de 3 à 4 km/s.
  • Les ondes de surface (ondes de Rayleigh et ondes de Love) : ces ondes se forment lorsque les ondes P et S arrivent à la surface de la Terre, ce sont des ondes qui se déplacent le long de la surface du sol et qui ont des mouvements vibratoires complexes. Les dégâts ondes de Rayleigh ayant une amplitude importante provoquent généralement des dommages importants

Source : Differents-types-des-ondes-sismiques-voire-lien-N-2.ppm (696×681)

Le point où se situe la rupture de faille s’appelle l’hypocentre (ou foyer) et sa projection verticale de ce point à la surface du globe l’épicentre.

Source : nosdevoirs.fr

Les ondes sismiques ont à parcourir le moins de chemin pour atteindre l’épicentre depuis le foyer, elles perdent donc très peu d’énergie. De ce fait, c’est à l’épicentre que les dommages sont généralement les plus importants.

Comme toutes les ondes, les ondes sismiques ont la propriété d’être réfléchies ou réfractées par des zones où il existe un changement brutal de densité des milieux comme par exemple la limite manteau/noyau. C’est en raison de cette propriété que l’on sait que le noyau externe est liquide car les ondes S ne se propagent pas dans une phase liquide. La structure interne de la Terre et ses discontinuités sont désormais connues grâce à l’étude de la transmission des ondes sismiques dans ses différents milieux.

Source : maxicours

Les ondes sismiques déforment les sols et ce sont les ondes de surface qui sont les plus dévastatrices du fait des mouvements de cisaillement du sol et de leur amplitude importante. Ces dernières se propagent à faible profondeur et à faible vitesse (environ 4 km/s), elles sont caractérisées par une atténuation faible avec la distance de l’épicentre et elles transmettent la plus grande partie de l’énergie émise par un séisme.

Un séisme important est en général suivi d‘une séquence de séismes appelés répliques. Leur importance décroit souvent avec le temps et sont causées, après le mouvement initial, par une redistribution des contraintes dans la zone impactée par rupture de failles plus petites afin de revenir à un état d’équilibre.

Dommages crées par un séisme :

Depuis toujours, nous avons construits des bâtiments résistant à la gravité, sans doute par peur que les toits et les dalles ne s’écroulent sur nous (cela nous viendrait-il des Gaulois qui avaient peur que le ciel ne leur tombe sur la tête !). En conséquence, les mouvements verticaux du sol sont relativement bien supportés par les maisons ou immeubles. Mais, lors de certains séismes pour lesquels les oscillations de bas en haut sont trop importantes, la charge verticale devient insupportable pour une structure qui aurait à supporter plusieurs fois le poids du bâtiment. Par contre, le bâti est très sensible aux oscillations horizontales. Lors d’un séisme les particules du sol changent constamment de direction sous l’effet des ondes qui interfèrent, ces mouvements créent des cisaillements importants dans l’édifice qui s’effondrera si son ossature ne peut absorber ces mouvements sans se rompre.

Un autre danger est la liquéfaction du sol : la liquéfaction se produit sur un sol meuble (sable, limon) saturé en eau. Sous l’effet des vibrations sismiques, les grains de sol se désolidarisent les uns des autres et n’offrent plus aucune portance à un bâtiment par exemple. Le sol se comporte alors comme un liquide causant l’enfoncement des infrastructures (bâtis, canalisations, …) dans ce pseudoliquide comme le montre la photo ci-dessous et des glissements de terrains.

Source : Wikipédia

Lorsque le séisme égal ou supérieur à 6,5 de magnitude (voir ci-dessous) a lieu en haute mer, le plancher océanique peut s’abaisser ou s’élever brusquement de plusieurs mètres le long d’une faille. Cette déformation se transmet à la colonne d’eau située à l’aplomb et les mouvements de l’eau se propagent à grande vitesse sous forme de vagues à la surface de l’océan. Au-dessus de l’épicentre les vagues n’ont que quelques centimètres de hauteur mais au fur et à mesure qu’elles s’approchent des côtes, la profondeur diminuant, leur hauteur augmentent et peut atteindre plusieurs dizaines de mètres en atteignant le rivage. L’eau entre alors à l’intérieur des terres en créant des dégâts considérables.

Quelques tsunamis meurtriers (liste non exhaustive) :

  • Sumatra (2004) : séisme de magnitude 9,1, vagues de 30 mètres touchant 14 pays (Thaïlande, Inde, Sri Lanka …), 230 000 morts
  • Tohoku (Japon) (2011) : séisme de magnitude 9, vagues de 40 mètres, 18 000 morts et accident nucléaire de Fukushima
  • Arica (Chili-Pérou) (1868) : séisme de magnitude 9, vagues de 12 mètres touchant la Nouvelle-Zélande et Hawaï, 25 000 morts
  • Valdivia (Chili) (1960) : séisme de magnitude 9,5, vagues de 25 mètres, Japon, Nouvelle-Zélande, Philippines …atteints, 5 700 morts,
  • Iles Salomon (2007) : séisme de magnitude 8,1, vagues de 10 mètres, 52 morts et des milliers de déplacés
  • Indonésie (1976) : séisme de magnitude 7,9, vagues de 5 mètres touchant 700 km de côtes, 8 000 morts
  • Amorgos (Grèce) (1976) : séisme de magnitude 7,7, vagues de 25 mètres touchant plusieurs îles grecques, 53 morts

Source : Le Monde.fr

La France n’est pas à l’abri de tsunamis, ce sont les territoires d’outre-mer qui sont le plus menacés puisqu’ils se situent dans des zones à forts risques de séismes. La métropole n’est pas épargnée par le risque de tsunami notamment les côtes méditerranéennes.

Intensité et magnitude d’un séisme :

L’intensité d’un séisme est la mesure, en un lieu précis, des effets ressentis par la population et des dommages subis par les infrastructures. Il a existé plusieurs échelles d’intensité, la dernière en date pour l’Europe est l’échelle EMS98 (European Macroseismic Scale ou Echelle Macroscopique Européenne). Elle comprend 12 niveaux allant de I à XII :

  • I : non ressenti par la population mais détecté par les appareils de mesure
  • II : ressenti par quelques personnes au repos
  • III : faiblement ressenti, balancement des objets suspendus
  • IV : largement ressenti, chute d’objets
  • V : secousses fortes, réveil des dormeurs, légères fissures dans les murs
  • VI : dommages légers, population apeurée
  • VII : dommages sévères, lézardes dans les murs
  • VIII : dommages importants, destruction des ouvrages fragiles
  • IX : destruction de bâtiments, dommages graves
  • X : destruction totale de bâtiments, effets catastrophiques
  • XI : destruction massive, presque tous les bâtiments sont détruits
  • XII : destruction totale, effets dévastateurs sur l’environnement

L’intensité d’un séisme dépend de :

  • La distance à l’épicentre, moins la distance est importante, plus l’intensité est importante
  • La nature du sol : les sols meubles amplifient les secousses donc l’intensité
  • Les caractéristiques des bâtiments

L’intensité d’un séisme n’est qu’une estimation puisqu’elle ne repose que sur un questionnaire donné aux habitants des zones impactées et non sur des mesures de paramètres physiques.

La magnitude est une valeur propre du séisme qui ne dépend ni du lieu, ni des observations des habitants. Cette valeur représente l’énergie libérée et transmise par les ondes sismiques, elle est mesurée par les sismomètres (voir ci-dessous). A partir de l’amplitude des ondes sismiques données par les sismogrammes, une correction est effectuée dépendant de la distance épicentre-sismomètre puis la magnitude est calculée à partir d’une équation mathématique. Cette valeur peut varier de 0 à 9 pour les séismes très important (ne pas confondre avec l’échelle de Richter qui est une échelle californienne locale et qui est souvent utilisée par les médias). La magnitude est un indicateur clé pour permettre d’évaluer rapidement la gravité d’un séisme et ainsi de déclencher les secours nécessaires.

  • Moins de 2 : microséismes mineurs non ressentis mais enregistrés par les sismomètres, 8000 par jour, énergie libérée = 15 kg de TNT (trinitrotoluène)
  • 2 à 2,9 : séismes très mineurs non ressentis mais enregistrés, pas de dommages, 1000 par jour, énergie libérée = 500 kg de TNT
  • 3 à 3,9 : séismes mineurs, souvent ressentis, pas de dommages, 50 000 par an, énergie libérée = 15 tonnes de TNT
  • 4 à 4,9 : séismes légers, secousses à l’intérieur des bâtiments, dommages de faible importance, 6 000 par an, énergie libérée = 500 tonnes de TNT
  • 5 à 5,9 : séismes modérés, dommages significatifs aux bâtiments mal construits, 800 par an, énergie libérée = 15 000 tonnes de TNT
  • 6 à 6,9 : séismes forts, dommages sérieux sur des distances pouvant aller à plusieurs dizaines de km, 120 par an, énergie libérée = 500 000 tonnes de TNT
  • 7 à 7,9 : séismes très forts, dommages sérieux sur de grandes distances, 18 par an, énergie libérée = 15 millions de tonnes de TNT
  • 8 à 8,9 : séismes majeurs, dommages très sérieux à des centaines de km, dommages majeurs près de l’épicentre, 1 par an, énergie libérée = 500 millions de tonnes de TNT
  • Supérieur à 9 : séismes dévastateurs, zones complètement détruites sur des centaines de km, dommages sur plus de 1000 km, 1 à 5 par siècle

Source : Séisme en Turquie et en Syrie : Richter, l’échelle qui fait trembler la terre - RTBF Actus

Magnitude et intensité sont deux notions différentes entre lesquelles il n’existe aucune relation. Deux séismes de même magnitude peuvent avoir des intensités différentes et inversement.

Sismographe :

Un sismographe est un appareil qui enregistre les mouvements du sol provoqués par un séisme par exemple. Cet appareil est composé d’un capteur (le sismomètre) et d’un enregistreur fournissant un graphe appelé sismogramme. Le sismomètre compare les mouvements du sol à celui d’une masse réputée immobile. Le sismographe est solidaire du sol (lorsque le sol bouge, l’appareil bouge également), il contient une masse suspendue ou reliée à un ressort qui du fait de son inertie est immobile ou bouge moins. Le déplacement relatif entre la masse et le bâti est mesuré et enregistré. En général le mouvement relatif est transformé en signal électrique qui est amplifié et enregistré sous forme d’un sismogramme qui indiquent la direction, l’intensité et la durée des vibrations terrestres. Les premières ondes à être détectées sont les ondes P (elles compriment et dilatent le sol dans le sens de la propagation) qui sont les plus rapides, viennent ensuite les ondes S plus lentes (elles provoquent des mouvements perpendiculaires au sens de la propagation), puis les ondes de surfaces très dévastatrices. Les sismographes sont calibrés de différentes manières : les uns vont détecter les faibles secousses imperceptibles par la population tandis que d’autres vont mesurer les mouvements de grande ampleur.

Principe d’un sismographe : Image générée par IA

Aujourd’hui, un sismomètre enregistre l’intensité du courant induit créé par le mouvement d’un aimant dans une bobine reliée à un galvanomètre. Selon la géométrie du couple aimant/bobine, il est possible d’observer des déplacements verticaux ou horizontaux dus à u tremblement de terre.

Sismomètre vertical (source : Observatoire royal de Belgique)

Sismomètre vertical (source : Observatoire royal de Belgique)

Source : Sismologie sur Terre - Mars-At-School

Un peu d’histoire : le premier appareil ayant servi à détecter les séismes est chinois, il a été créé en l’an 132 par Zhang-Heng. Cet appareil nommé ‘Houfeng Didong Yi’ ou ‘Instrument pour la mesure des vents saisonniers et des mouvements de la Terre’ permettait de déterminer la direction dans laquelle avait eu lieu le tremblement et d’y envoyer des secours, mais ne permettait pas de déterminer sa distance et son intensité. Ce sismoscope se composait d’une jarre en bronze d’environ deux mètres de diamètre contenant probablement un pendule. Huit dragons bouche semi-ouverte contenant une bille étaient disposés autour de ce récipient selon une rose des vents à 8 directions (N, NE, E, SE, S, SW, W, NW). En cas de séisme, le pendule poussait un bras articulé faisant ouvrir la bouche du dragon côté épicentre et tomber la bille dans la bouche d’une grenouille située en dessous. Cet appareil fonctionna-t-il ? Un jour de l’an 138, une bille st tombée dans la bouche de la grenouille NW : les adversaires politiques de Zhang-Heng n’ayant ressenti aucune secousse affirmèrent que le sismoscope ne fonctionnait pas. Mais quelques jours plus tard, un messager arriva à la cour pour prévenir l’Empereur qu’un tremblement de terre avait eu lieu à 640 km au nord-ouest de la capitale de l’Empire de Chine, Zhang-Heng avait gagné et fut récompensé en ayant droit d’escorter l’Empereur !

Principe et réplique du sismoscope de Zhang-Heng (source 10 inventions chinoises en avance sur leur temps - Chinois Tips)

En 1703, l’Abbé Jean de Hautefeuille créa le premier système européen pouvant détecter les tremblements de terre. L’appareil était composé d’un récipient rempli à ras bord de mercure, l’arrivée d’ondes sismiques faisait écouler le liquide dans un bol au moyen d’une goulotte orientée selon 8 directions comme c’est le cas du sismoscope chinois.

Principe et réplique de l’appareil de Hautefeuille (source Introduction à la sismométrie | Argentina.gob.ar)

Depuis la fin du XIXème siècle, d’importants progrès ont vu le jour dans la détection des séismes et ce sont les Britanniques John Milne, Thomas Gray et James Alfred Ewing qui ont les premiers proposé un sismographe composé d’un pendule muni d’une aiguille suspendu au-dessus d’une plaque de verre fumé. Ce fut le premier appareil à distinguer les ondes primaires et secondaires. En 1906, le scientifique russe Boris Galitzen développa le premier sismographe électromagnétique. A partir de 1950, l’utilisation des ordinateurs a permis de la création des sismographes à enregistrement numérique.

Si le lecteur souhaite construire un sismographe ‘maison’ : voir à la fin de cet article.

Lumière sismique :

Quelquefois lors de tremblement de terre (avant, pendant ou plus rarement après) apparaissent dans le ciel des phénomènes optiques se manifestant sous la forme d’éclairs, de flammes, de boules incandescentes ou encore d’halo aux couleurs arc-en-ciel qui peuvent durer de quelques secondes à quelques minutes. Longtemps contestées, ces manifestations optiques sont maintenant reconnues par le monde scientifique. La dernière théorie en date expliquant l’apparition de ces lumières suggère l’intervention de charges électriques provenant des basaltes qui lorsqu’elles sont conduites à la surface ioniseraient l’atmosphère pour former des poches de plasma lumineux. Les conditions favorables pour que de tels phénomènes apparaissent ne représentent que 0,5% des tremblement de terre, ce qui explique leur rareté.

Lumière observée lors du séisme de Sichuan (Chine, 2008, magnitude = 8,0) Source YouTube

Les séismes : où ?

La répartition des tremblements des terre sur la planète est concentrée dans certaines régions nommées ‘zones sismiques’. Ces principales zones sont les suivantes :

Source : musée de Sismologie (Strasbourg)

  • Ceinture circum-Pacifique : c’est la région la plus active du monde qui est également appelée la « Ceinture de Feu » (90% des tremblements de terre mondiaux et 80% des plus puissants). Elle entoure l’océan Pacifique, les îles du Pacifique occidental et certaines parties de l’Asie. Cette ceinture est associée au mouvement de la plaque pacifique et 
    quelques plaques secondaires (Cocos, Nazca…) qui plongent sous les plaques nord et sud-américaine (phénomène de subduction).
  • Ceinture méditerranéenne-alpine : cette zone comprend la mer Méditerranée, la Turquie, l’Iran, l’Asie centrale. Elle est associée à la collision des plaques africaines et eurasienne.
  • Dorsale médio-atlantique : chaîne de montagne sous-marine qui traverse l’océan Atlantique. C’est la zone de frontière entre les plaques nord-américaine et eurasiatique.
  • Système du Rift Est-Africain : zone où la plaque africaine se divise en deux parties.
  • Ceinture alpine-himalayenne : elle est associée à la collision des plaques indo-australienne et eurasiatique formant entre autres l’Himalaya.

Les zones à risques sismiques sont connues des scientifiques. Si les séismes sont attendus dans ces zones avec une probabilité d’occurrence importante, en revanche ils sont imprévisibles. La géophysique ne peut prédire ni l’heure, ni la date, ni l’endroit, ni la gravité d’un tremblement de terre.

Les pires séismes de l’histoire :

  • Shaanxi (Chine) en 1556, 830000 personnes sont mortes, dommages sur le bâti jusqu’à 400 km de l’épicentre
  • Alep (Syrie) en 1138, 230000 personnes sont mortes, plusieurs villes et villages totalement détruits
  • Sumatra (Indonésie) en 2004, magnitude de 9,1, 230000 morts et 7 millions de personnes déplacées, tsumami de 30 mètres
  • Haiyuan (Chine) en 1920, 73000 morts, 2 villes entièrement détruites, glissement de terrain dévastateur
  • Tokyo (Japon), 1923, 143000 morts, incendie détruisant près de 700000 maisons
  • Haiti (Haiti), 2010, magnitude de 7,3, 300000 morts et 300000 blessés, 1,2 million de sans abris
  • Tohoku (Japon), 2011, magnitude de 9,1, tsunami de 30 mètres causant la mort de 18000 personnes, centrale nucléaire de Fukushima gravement endommagée

Aspect financier

Le bilan économique d’un séisme peut être lourd : liste non exhaustive

  • Japon, séisme de Tohoku, 2011 : 210 milliards de dollars
  • Japon, séisme de Kobe, 1995 : 100 milliards de dollars
  • Chine, séisme de Sichuan, 2008 : 85 millards de dollars
  • Etats-Unis, séisme de Los Angeles, 1994 : 44 milliards de dollars
  • Turquie/Syrie, séismes de Gaziantep et d’Ekinözü , 2023 : 34 millards de dollars
  • Maroc, séisme du sud de Marrakech, 2023 : 10 milliards de dollars

Risques sismique en France :

En France, s’il y a eu plus de 13 000 séismes en 2025, le risque sismique est considéré comme modéré, exception faite des Antilles où le risque est fort. Même si ce nombre est important, les séismes sont faibles et rarement ressentis par la population : cinquante de magnitude 3, trois de magnitude 4 et un de magnitude 5. Ce risque en France métropolitaine dépend surtout de la situation géographique, la présence de failles ou de chaînes de montagnes l’augmentant notablement : Sud-Est, Alpes, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Pyrénées. Les Antilles et plus particulièrement la Guadeloupe et la Martinique sont classées en zone 5 la plus élevée de France, ce risque provient de la zone de subduction des plaques tectoniques Amérique et Caraïbe. En 2025, 1007 séismes en Martinique (31 de magnitude 3, 8 de magnitude 4 et 1 de magnitude 5) et 686 en Guadeloupe (295 de magnitude 3, 55 de magnitude 4, 4 de magnitude 5 et 1 de magnitude 6). Dans notre pays, c’est la région Provence-Alpes-Côte d’Azur qui est la plus atteinte avec près de 4000 séismes en 2025 suivi de la région Auvergne-Rhône-Alpes avec 2565 séismes en 2025. Les villes les plus touchées ont été en 2025 : Nice avec 2464 séismes, Mulhouse avec 979 séismes, Grenoble avec 840 séismes, Clermont-Ferrand avec 630 séismes, Saint-Etienne arrive en septième position avec 569 séismes.

Zones de sismicité en France : Source Quels sont les risques sismiques en France ?

Pour plus de détails voir le site : Statistiques sismiques: La France - graphiques et tableaux détaillés, activité sismique actuelle et passée

La règlementation française parasismique vise à protéger la population et les infrastructures en cas de séisme. Le zonage de sismicité permet de déterminer les exigences de construction en fonction du niveau de risque. Les bâtiments sont classés en deux catégories :

  • Ouvrages à risque normal : maisons individuelles, immeubles, écoles, hôpitaux, bureaux …
  • Ouvrages à risque spécial : installations nucléaires, industries Seveso, barrages, ponts

La Région Auvergne-Rhône-Alpes se classe seconde au niveau métropolitain en termes de risques sismiques. Ce risque est cependant variable compte tenu de la topographie et de la géologie. Les zones de risques les plus élevés sont localisées dans les Alpes (Haute-Savoie, Savoie, Isère), et l’ouest de la Drome puis à un niveau moindre dans le Puy de Dôme et les départements entourant les zones à risque moyen. Les secteurs d’Annecy et de Grenoble sont les plus exposés.

Zonage sismique de la région Auvergne-Rhône-Alpes Source SÉISMES. Découvrez les jours où la terre a tremblé dans la Loire

Ces dernières années, plusieurs séismes se sont produits provoquant des dégâts plus ou moins importants :

  • Le Teil (07) en novembre 2019, magnitude 4,9, intensité VII, 200 M€ de dégâts, 3000 personnes sinistrés
  • Annecy (74) en juillet 1996, magnitude 5,2, intensité VII à VIII, 60 M€ de dégâts
  • Corrençon (38) en avril 1962, magnitude 5,3, intensité VII à VIII, nombreux bâtiments détruits

Séismes de Corrençon (à gauche), d'Annecy (au milieu), de Le Teil (à droite)

Sur les 320 communes que compte le département de la Loire, 313 sont classées en risques faibles et 3 en risques modérés situées au sud-est. Les 5 séismes les plus importants dans notre département depuis 1980 sont les suivants :

  • 10 novembre 2019, magnitude = 3, Sauvain
  • 23 octobre 2019, magnitude = 3, Saint-Cyr-les-Vignes
  • 07 septembre 2019, magnitude = 2,8, Cesay
  • 22 novembre 1980, magnitude = 2,8, Saint-Martin-Lestra
  • 25 septembre 1980, magnitude = 2,8, Savigneux

Comment fabriquer un sismographe ‘maison’ :

Matériel :

  • Boite en carton
  • Gobelet jetable
  • Ficelle
  • Marqueur
  • Long morceau de papier étroit (type reçu de caisse)
  • Ruban adhésif
  • Pièces de monnaie ou billes ou petits cailloux

Comment :

  • Découper les rabats de la boite s’ils existent
  • Percer 2 trous opposés l’un à l’autre près du bord supérieur du gobelet
  • Percer 2 trous dans un côté de la boite en carton (à la même distance que les trous du gobelet)
  • Découper deux fentes sur les côtés opposés de la boite afin de faire coulisser la bande de papier
  • Attacher deux ficelles au gobelet puis faire passer les brins à travers les trous de la boite (les brins doivent être verticaux) et les rendre solidaires de la boite de façon à ce que le fond du gobelet soit à quelques centimètres du fond de la boite
  • Percer un trou au fond du gobelet et enfoncer le marqueur de façon que le marqueur touche à peine le fond de la boite
  • Remplir le gobelet avec le lest choisi
  • Tirer la bande de papier pendant qu’une autre personne secoue légèrement la boite … le marqueur trace le sismogramme

Remerciements : merci à Jeanne-Marie et à Ségolène pour la lecture critique de cet article.

Illustrations : les illustrations non référencées ont été créées par intelligence artificielle

Principales références :

Séance 4 - Les séismes - Cours (Partie 1) - AlloSchool

Les ondes sismiques - SEIS / Mars InSight

Chapitre 3.pdf

Derniers séismes, Rhône-Alpes, France: derniers 7 jours | VolcanoDiscovery

Séismes : effets et conséquences - Check my House

LE RISQUE DE LIQUÉFACTION DES SOLS

Découvrir & Comprendre - Les séismes

Magnitude (sismologie) — Wikipédia

La magnitude d'un séisme : définitions, déterminations — Planet-Terre

Magnitude et intensité des séismes – Service Educatif

Comment mesure-t-on la force des séismes ? | ASNR Recherche et expertise

Sismalp : réseau de surveillance sismique des Alpes françaises

https://www.earthquakes-info.c...

https://www.volcanodiscovery.c...

Sismographe — Wikipédia