Ma science en 180 secondes par Pauline

Publié par Julie Fortin, le 22 mai 2017   690

Xl rts17 ms 180 gd32


10 scientifiques ont relevé le défi de monter sur scène et de présenter leur science en 180 secondes mardi 16 mai 2017 lors de l'évènement Ramène ta Science.

Ils ont été accompagnés par deux comédiens professionnels, Isabelle et Nathaniel, pour la mise en scène du spectacle. Isabelle et Nathaniel leur ont également proposé des ateliers de théâtre ce qui leur a permis d'acquérir des techniques en communication orale et de gestion du trac. Les séances de préparation ont également permis aux scientifiques à mieux se connaître et à créer l'esprit de groupe.


Voici le texte de Pauline Chavassieux, doctorante en géographie à l'École Nationale Supérieure d’Architecture de Saint-Étienne.

« Comme beaucoup d’autres, et peut-être certains d’entre vous, il est parti rejoindre la périphérie de Saint-Étienne, à la recherche de la « campagne », pour avoir une maison individuelle, dans un lotissement, avec un jardin…


Mais en conséquence, le centre-ville subit cette perte de population : 40 M habitants ont quitté la ville entre 1968 et 2012 ! Résultat, comme vous avez dû le remarquer, les commerces sont délaissés, les logements, pour presque 40% sont vacants en centre-ville et donc pas entretenus et en dégradation, les îlots, qui sont les groupes de bâtis entourés par des rues, sont très denses avec de multiples constructions à l’intérieur, des abris de jardin, des garages, parfois des taudis sans réelle fonction, les rues sont des couloirs, très étroits et occupées principalement par des places de stationnement…



Les villes dans cette situation sont appelées ville décroissante, en décroissance ou rétrécissantes : elles perdent des habitants et de l’attractivité économique.
Je cherche donc à découvrir comment ces villes ont évolué et comment elles peuvent de nouveau se transformer pour s’adapter à ce nombre réduit d’habitants, tout en améliorant le confort de vie des habitants, ce qu’on peut appeler la qualité urbaine. Plus que la ville, je m’intéresse au tissu urbain : c’est la morphologie, l’ensemble des pleins et des vides dans la ville qui forme sa structure, dicté par le sol, donc la trame foncière, le parcellaire. Je m’intéresse par exemple aux opérations dites de curage d’îlot, qui consistent à démolir l’intérieur d’un îlot sans reconstruire, pour créer une cour intérieure pour les habitants, un espace public … vous devez par exemple connaître le square Jean Cocteau, le square Haubtmann…



Les enjeux de ma recherche sont donc de maintenir la population en place (éviter qu’elle parte habiter en périphérie), limiter la périurbanisation, c.-à-d. le grignotage des campagnes alentours pour construire par exemple des lotissements qui consomment énormément de terrains, trouver de nouvelles occupations pour les rez-de-chaussée : puisque les commerces ne fonctionnent plus, on pourrait trouver de nouveaux usages : des espaces mutualités pour les habitants : lieux communs de jeux, de rencontre, de buanderie, de garage à vélos… Je vais donc tenter que les tissus urbains ont des potentialités d’évolution, une certaine flexibilité pour s’adapter à ce phénomène de déclin, en m’appuyant sur des opérations réalisées par Saint-Étienne depuis les années 1980 puis dans une autre ville que je dois encore déterminer.



Pour cela, je vais essayer d’analyser les intentions et les démarches politiques, économiques, sociales, les différents acteurs et leur rôle (la ville, les architectes, les urbanistes, les habitants, mais aussi les associations ici bientôt rue de la ville, carton plein, RDD) et les résultats, voir quels sont les impacts de ces opérations sur les quartiers, les habitants pour voir si elles sont intéressantes et pertinentes.



Finalement, je me rends compte que Saint-Étienne a certes un passé industriel donc une image de ville noire, mais de nombreux exemples de villes décroissantes en Europe montrent que le déclin peut aussi être vu comme une opportunité, un levier de régénération urbaine.

»




Qui est Pauline ?


Elle se questionne sur les enjeux économiques et sociaux liés aux départs de la population des villes comme Saint-Étienne pour des communes en périphérie. Quelles sont les solutions de réaménagements de ces villes ?