IL ETAIT UNE FOIS...LA LUNE

Publié par Jacques Bourgois, le 21 septembre 2026   2

Il y a 4,6 milliards d’années, la Terre primitive s’est formée et elle était bien seule dans le système solaire durant 100 millions d’années. Depuis 4,5 milliards d’années la Lune est devenue sa compagne et a suscité bien des interrogations de la part des êtres humains que ce soit dans les mythologies anciennes ou encore de nos jours. Cet article a pour but de faire un point, accessible à tous, sur la Lune : formation, caractéristiques, composition, exploration, croyances et mythologies, sources d’inspiration.

La Rotonde (Centre de culture scientifique de l’Ecole des Mines de Saint-Etienne) propose du 16 septembre 2026 au 27 février 2027, un atelier découverte à l’intention des enfants (2 à 6 ans) intitulé « Petits pas sur la Lune » (création de la Cité de l’Espace de Toulouse). Les enfants feront la découverte de l’environnement lunaire (pas de couleur, pas de son, faible gravité …), pourront construire une cabane lunaire, se faire prendre en photo dans une combinaison de cosmonaute ou avec un rover lunaire. Toute l’équipe de la Rotonde vous attend avec vos enfants pour cette merveilleuse aventure.

Il y a 4,6 milliards d’année, la formation de la Terre a commencé par la collision et par l’agglomération de particules de poussières issues de la nébuleuse solaire produite lors de la formation du Soleil. Ces masses rocheuses sont devenues de plus en plus grosses et ont formé des planétésimaux dont la taille pouvait varier de 1 à 1000 km. Ces planétésimaux tournaient autour du soleil selon des trajectoires pouvant se croiser les unes les autres avec comme conséquence des chocs violents, des explosions formant de nouvelles poussières donc de nouveaux futurs planétésimaux. 100 millions d’années plus tard, ces planétésimaux ont formé la Terre primitive par accrétion. Il en est de même pour les planètes comme Vénus, Mars ou Mercure.

A cette époque la Terre est inhospitalière car c’est encore une masse chaude en fusion en raison des impacts et de la compression gravitationnelle. Puis, la Terre a subi une différenciation interne il y a environ de 4,5 à 4,4 milliards d’années : les éléments lourds comme le fer et nickel se sont déplacés vers le centre pour former le noyau, alors que les éléments plus légers ont formé le manteau et la croûte.

Mais la Terre est encore bien seule, pas la moindre lune autour d’elle. Parmi les nombreuses théories relatives à la formation de la Lune, la théorie de l’impact géant l’emporte sur les autres : 60 millions d’années après la formation du système solaire, un cataclysme se prépare. Une protoplanète probablement de la taille de Mars et nommée Théia (dans la mythologie grecque : Titanide mère de Séléné déesse de la Lune) percute la Terre, l’impact est titanesque et les deux corps vont se fondre l’un dans l’autre et former un immense nuage de débris dans l’espace provenant de la majorité du manteau de l’impacteur et d’une partie du manteau terrestre. Selon des simulations informatiques, un tel impact se serait produit à une vitesse 4 km/h et sous un angle de 45 degrés. La surface de la Terre fond jusqu’à plusieurs centaines de kilomètres de profondeur générant un océan de magma qui une fois refroidi va donner naissance à un nouveau manteau terrestre, aux océans et à l’atmosphère. Les débris orbitant autour de la Terre vont s’agglomérer sur une très courte durée (probablement de l’ordre du siècle voire moins) pour former la Lune.

Schéma de l’hypothétique impact géant entre la Terre et Théia. Charlestpt/Wikipedia

Cette théorie est la plus acceptée par la communauté scientifique mais elle comporte des failles :

  • Eau lunaire : lors de la collision, les températures auraient été tellement importantes que l’eau présente sur la lune se serait évaporée…la Lune devrait être parfaitement sèche. Mais ce n’est pas le cas, de l’eau a été trouvée dans des échantillons lunaires (2002) et dans le fond d’un cratère du pôle Sud. Mais cette eau pourrait provenir de comètes par exemple … le mystère reste entier.
  • Interaction gravitationnelle : au début de sa formation, la Lune aurait été plus proche de la Terre qu’elle ne l’est actuellement. Aucune preuve n’existe sur le fait que la Terre ait subi une si forte gravité
  • Océan de magma : la collision implique qu’un océan de magma aurait dû se former à la surface de la Terre. Aucune preuve n’existe sur l’existence passée d’un tel océan

Certes, la théorie de la collision présente des failles mais moins que d’autres  :

  • Théorie de la fission : Georges Darwin au XIXe siècle pensait que la Lune s’était détachée de la Terre encore fluide grâce à la force centrifuge, la cicatrice laissée par cet arrachement devait être l’océan Pacifique. Théorie écartée par la suite car pour que cela soit possible, il aurait fallu que la Terre tourne sur elle-même en 2H30!
  • Théorie de la capture : la Lune s’est formée ailleurs dans le système solaire et aurait été piégée par le champs gravitationnel de la Terre. Il a été montré que cette hypothèse était fausse car une telle capture impliquerait la destruction l’un des deux corps célestes
  • Théorie de la co-accrétion : la Terre et la Lune se seraient formées simultanément à partir du même disque de poussière originel. Il a été montré que cela était impossible puisque les structures internes de la Terre et de la Lune sont différentes

Caractéristiques de la Lune

La Lune est un astre rocheux en orbite autour de la Terre. C’est une quasi-sphère de diamètre 3475 km au niveau de l’équateur et 3472 km au niveau des pôles (1/4 du diamètre de la Terre), de superficie 37,8 millions de km (légèrement plus que le continent africain sur Terre). Les variations de température sont très importantes : de 120°C le jour avec des pointes à 170°C à -180°C lorsque le soleil se couche. La Lune tourne autour de la Terre et décrit une orbite elliptique (apogée = 405 500 km, périgée = 363 300km) en 27,32 jours à une vitesse moyenne de 3683 km/h. La Lune est un astre rocheux en orbite autour de la Terre.

La Lune comme tout astre de l’univers tourne sur elle-même en 27,3217 jours. De plus, elle orbite autour de la Terre durant une durée identique. Ce phénomène est appelé le verrouillage gravitationnel. La conséquence de cette rotation synchrone est que la Lune présente toujours la même face à un observateur situé sur la Terre…et pourtant elle tourne ! Considérons la figure suivante où un repère rouge a été placé sur un point de la Lune : le point rouge est visible depuis la Terre. Après un quart de rotation, la Lune aura parcouru un quart de révolution : le point rouge sera toujours visible depuis la Terre. Il en est de même pour une demi-rotation et une demi-révolution, et encore de même pour ¾ de rotation et ¾ de révolution pour ensuite revenir au départ. Nous ne pouvons donc pas vor la face cachée de la Lune dans son intégralité. Mais ceci serait trop simple, une faible partie (9%) de la face cachée de la Lune est visible depuis la Terre car la Lune oscille légèrement sur elle-même (phénomène de libration), ce qui fait que les Terriens peuvent voir 59% de la surface lunaire.

Chaque particule de matière de l’univers attire toutes les autres particules avec une force qui est fonction de la constante gravitationnelle (6,674.10-11m3kg-1s-2), proportionnelle au produit de leurs masses et inversement proportionnelle au carré de la distance entre leurs centres. Cela signifie que les objets sur la Lune pèsent environ 1/6 de leur poids sur Terre. Exemple : une personne pesant 70 kg sur Terre et pouvant sauter 50 cm en hauteur, elle pèserait 11,6 kg sur la Lune et sauterait 301 cm en hauteur !

Hergé, « On a marché sur la Lune »

Contrairement à la Terre, la Lune ne possède pas d’atmosphère dense. Elle est entourée d’une enveloppe gazeuse nommée exosphère. Elle est si tenue que les composés la formant (molécules et ions) ne s’entrechoquent pratiquement jamais. Sa composition est la suivante :

  • Argon : 2 sources d’argon, l’une d’origine lunaire et l’autre d’origine extérieure. L’isotope-40 provient de la désintégration d’un isotope radioactif de potassium présent dans la croûte lunaire. L’isotope-36 provient de l’atmosphère terrestre et véhiculé par le vent solaire. L’argon est présent dans l’exosphère à raison de 40000 atomes par centimètre cube.
  • Hélium : cet élément provient de désintégrations radioactives présentes dans le sol lunaire mais surtout du vent solaire véhiculant de l’hélium piégé par le sol lunaire puis relâché dans l’exosphère. Cet élément est présent à raison de 40000 atomes par centimètre cube.
  • Sodium (70 atome/cm3) et potassium (17 atome/cm3) : ces éléments proviennent des roches et du sol lunaires qui contiennent naturellement ces éléments. Ils sont libérés par l’impact de micrométéorites vaporisant une partie de la matière impactée, par le vent solaire qui bombarde le sol lunaire et arrachant des atomes notamment ces deux métaux.
  • Autres composés comme l’hydrogène, l’oxygène, le néon, le méthane … mais uniquement à l’état de traces.

La pression de l’exosphère est très faible (3.10-15 bar) comparée à la pression atmosphérique sur Terre (1,013 bar). Du fait de la rareté des molécules ou ions dans l’exosphère, il n’y a pas de (i) protection contre les rayonnements nocifs et les micrométéorites, (ii) météo : absence de nuages, de pluie, de vent, (iii) son qui se propage d’un endroit à un autre, les cosmonautes n’entendraient pas une fusée alunir à côté d’eux !

Structure de la lune :

Depuis les années 1950 à 1960 où des images de la face cachée de la Lune ont été rendues publiques après les missions russes, l’asymétrie entre face cachée et face visible a surpris les scientifiques. La face visible, les mers lunaires représentent 31% de la surface, ces mers sont les vestiges de coulées de lave provoquées par l’impact de météorites massives. Sur la face cachée, les mers ne représentent que seulement 1% de la surface.

Face cachée et face visible de la Lune (Source : Wikipédia)

La lune possède comme la Terre d’une structure interne différenciée :

  • Croûte : d’épaisseur moyenne de 30 à 60 km selon le positionnement, elle est principalement constituée de feldspath (anorthosite) dérivant des phénomènes de cristallisation de l’océan magmatique primitif. Les mers lunaires contiennent d’étonnantes proportions de fer et de titane résultant d’éruptions basaltiques survenues il y a 3 à 3,5 milliards d’années. Cette croûte est recouverte d’une couche de poussières et de fragments rocheux nommée régolithe (épaisseur de 3 à 8 mètres) formé par l’impact de micrométéorites durant des millions d’années
  • Manteau : d’épaisseur moyenne de 1300 km, il est supposé provenir de la solidification d’un ancien océan magmatique. Il est composé principalement de silicates riches en magnésium et en fer (péridotites). C’est un solide pouvant se déformer très lentement
  • Zone de transition d’épaisseur 300 km où composition et température varient progressivement
  • Noyau externe liquide d’épaisseur 200 km composé principalement de fer et de soufre à l’état liquide.
  • Noyau interne solide du fait de la forte pression, d’épaisseur 240 km composé principalement de fer et de nickel en moindre proportion. Si vous souhaitez faire quelques pas sur la Lune, visitez le site de Google Earth Pro (onglet « de la Terre au ciel ou à une autre planète »).Si vous souhaitez faire quelques pas sur la Lune, visitez le site de Google Earth Pro (onglet « de la Terre au ciel ou à une autre planète »).

Phases lunaires :

Les phases lunaires correspondent aux différentes apparences de la partie éclairée de la Lune observées par un observateur situé sur la Terre. La Lune ne produit pas de lumière, elle est éclairée par le Soleil et c’est son mouvement autour de la Terre qui fait que l’on a l’impression qu’elle change de forme…mais en fait non, elle est toujours ronde. Au cours de ce déplacement, la position relative du Soleil, de la Terre et de la Lune change constamment. Ainsi, depuis la Terre, nous ne voyons qu’une partie plus ou moins importante de la face éclairée de la Lune.

Cette vidéo explique ce phénomène : Vidéos Bing

Les 8 phases de la Lune sont les suivantes entre deux lunaisons :

  • Nouvelle lune
  • Premier croissant
  • Premier quartier
  • Gibeuse croissante
  • Pleine lune
  • Gibeuse décroissante
  • Dernier quartier
  • Dernier croissant

Source : Wikipédia

Eclipses :

Une éclipse solaire a lieu lorsque la Lune se place devant le Soleil occultant entièrement ou partiellement le Soleil depuis la Terre. Une éclipse solaire ne peut donc se produire que durant la phase de nouvelle lune. Pour cela, il faut que la taille apparente de la Lune soit égale ou supérieure à celle du Soleil : bien que le Soleil soit 400 fois plus grand que la Lune, il est 400 fois plus éloigné de la Terre, donc ces deux astres ont pratiquement la même taille apparente. Il existe 4 types d’éclipse solaire :

  • Eclipse totale : la lune occulte complètement le Soleil
  • Eclipse annulaire : Soleil-Lune-Terre sont parfaitement alignés mais la taille apparente de la Lune est légèrement inférieure à celle du Soleil
  • Eclipse hybride ou éclipse mixte : phénomène très rare où l’éclipse est totale dans certaines régions et annulaire dans d’autres
  • Eclipse partielle : dans ce cas la Lune n’occulte qu’une partie de la surface du Soleil

lien  https://www.semcontellation.fr/eclipse-solaire-schema

lien https:starwalk.space.fr

La Lune s’éloignant de la Terre de 3,8 cm/an, dans un avenir lointain (600 à 620 millions d’années !) les éclipses totales n’existeront plus car les tailles apparentes ne seront plus identiques.

Une Eclipse lunaire a lieu lorsque la Lune traverse la zone d’ombre de la Terre, ce phénomène ne peut avoir lieu que pendant la phase de pleine lune.

Wikipédia

L’ombre terrestre est décomposée en deux parties : la pénombre et l’ombre totale. Lorsque la Lune traverse la pénombre ou l’ombre de la Terre il se produit plusieurs types d’éclipse :

  • Eclipse pénombrale : la Lune traverse la pénombre de le Terre, elle est toujours visible, peut-être un peu plus jaune
  • Eclipse partielle : la Lune entre dans la zone d’ombre
  • Eclipse totale : la Lune est entièrement dans la zone d’ombre

La connaissance des orbites, inclinaisons et distances des corps célestes permet de prédire avec précision les prochaines éclipses :

  • 2 août 2027 : éclipse solaire totale visible en totalité de l’Afrique du Nord au Moyen-Orient, partiellement visible en Europe
  • 26 janvier 2028 : éclipse solaire annulaire visible en Espagne du sud et au Portugal
  • 20 février 2027 : éclipse lunaire pénombrale partielle visible depuis l’Europe
  • 12 janvier 2028 : éclipse lunaire partielle visible depuis l’Europe
  • 26 juin 2029 : éclipse lunaire totale visible depuis l’Europe

Les marées :

Les marées océaniques sont les variations périodiques du niveau de la mer et des océans qui sont dues, en première approche, à la force gravitationnelle exercée par la Lune et dans une moindre mesure par le Soleil. La lune attire l’eau vers elle plus facilement que les roches moins fluides, il se crée alors un bourrelet d’eau du côté de la Terre faisant face à la Lune : c’est la marée haute. Si cela était aussi simple, il n’y aurait qu’une seule marée haute par jour lunaire (24h50min), or il y en a deux, pourquoi ? Cette seconde marée intervient du côté opposé de la Terre, bizarre puisque la Lune y est la plus éloignée. L’explication la plus couramment admise est que le système Terre-Lune tourne autour d’un point appelé barycentre en environ 27,3 jours, cette rotation entraîne une force centrifuge qui fait augmenter le niveau des eaux du côté opposé à la Lune : c’est la seconde marée haute.

Lorsque Soleil et Lune sont :

  • alignés les marées sont dites de vives-eaux à coefficient élevé
  • en quadrature les marées sont dites de mortes-eaux à coefficient faible

Vidéos Bing illustre ce phénomène

Mythologie et légendes :

La Lune est visible dans le ciel depuis la nuit des temps, il n’est donc pas étonnant que les civilisations anciennes lui aient attribué des rôles dans leurs cultes et dans différents mythes ou légendes … pouvant être encore ancrés dans nos esprits de nos jours.

Dans les différentes mythologies la Lune peut être :

  • une déesse
    • Chang’e, déesse chinoise accompagnée du lapin de jade
    • Séléné, déesse grecque venant admirer chaque nuit Endymion, son bel endormi
    • Mawu, déesse africaine de la nuit, de la joie et de la maternité. C’est elle qui a créé les humains à partir d’argile
    • Mamma Quilla, déesse inca chargée de protéger les femmes et les nouveau-nés

Chang’e : haut, gauche  Séléné : bas, gauche Mamma Quilla : haut, droite  Mawu : bas, droite

  • un dieu
    • Tsukuyomi, dieu japonais de la Lune et de la nuit qui fixe le déroulement harmonieux des saisons afin que les récoltes soient prospères
    • Khonsou, dieu de la Lune dans l’Egypte ancienne traversant le ciel sur sa barque dorée. Il est toujours représenté avec un croissant de lune sur la tête et est le protecteur des voyageurs
    • Chandra, divinité lunaire en Inde voyageant dans le ciel sur un char tiré par dix chevaux blancs. Il gère la pluie et la fertilité et donne aux mortels opulence et santé
    • Sîn, une des divinités les plus importantes de la Mésopotamie antique. Ce Dieu est associé à la Lune et gouverne le ciel nocturne à bord d'une barque lumineuse qui traverse chaque nuit le firmament d'est en ouest. Il est vénéré comme le dieu du temps, de la sagesse et de la fertilité
    • Mani, dieu de la Lune dans les pays nordiques. Il parcourt le ciel dans son char tiré par des chevaux qui illuminent l’obscurité. Ce voyage n’est pas de tout repos car Mani est poursuivi chaque nuit par les forces obscures représentées par un loup géant nommé Hati tentant de dévorer la Lune afin d’éteindre la lumière.

Mani : haut, gauche  Chandra : bas, gauche  Tsukuyomi : centre  Sîn : en haut, droite  Khonsou : en bas, droite

  • un humain : dans la mythologie iroquoise et sans doute la légende la plus poétique, la Lune est habitée par un enfant qui tisse les rêves des enfants de la Terre.

Ces légendes sont très anciennes et n’ont plus court actuellement sauf Mamma Quilla qui est toujours célébrée dans les Andes dans le cadre de festivals et rituels. Mais qu’en est-il actuellement des mythes et croyances autour de la Lune ?

Il y a plus de naissances les nuits de pleine lune :

L’idée est bien ancrée dans l’esprit des humains. Différentes études scientifiques effectuées aux USA et en Europe, montrent qu’il n’y a aucune corrélation statistique entre le nombre de naissance et les nuits de pleine lune.

Jardiner avec la lune :

Jardiner avec la lune permettrait d’optimiser la croissance des végétaux : durant la lune montante (position de la Lune dans le ciel) la sève monterait vers les parties aériennes favorisant la récolte des fruits, des légumes à feuilles et des fleurs, le greffage. Durant la lune descendante la sève descendrait vers les racines ce qui est idéal pour récolter les racines, semer, tailler, repiquer les plantes. Mais différentes études statistiques ont montré que tout ceci relevait uniquement des convictions des jardiniers. Même Jean-Baptiste de la Quintinie, jardinier en chef de Versailles sous Louis XIV, était énervé par ces croyances. L’auteur de ces quelques lignes va sans doute s’attirer les foudres des jardinières et jardiniers…mais, n’ayant pas les doigts verts, il est neutre, il ne fait que relater la bibliographie en la matière.

Sécher le linge sous la Lune le rend plus blanc :

Nos aïeux étalaient leurs draps sur l’herbe pour que la pleine Lune les blanchisse. Cela fonctionne-t-il réellement ? Aucune preuve scientifique n’a été établie à ce jour. Pourtant, en 1986 un astronome français (Jean-Paul Parisot : "La Lune mange-t-elle les couleurs" dans Earth, Moon and Planets, 1986, D. Riedel Publishing Company) propose une explication : la rosée serait enrichie en peroxyde d’hydrogène (provenant de la photodissociation de l’ozone dans la troposphère terrestre) qui pourrait être responsable de l’action blanchissante…la Lune n’y serait donc pour rien !

La Lune impacte notre sommeil :

Historiquement, la pleine lune a été associée à des troubles du sommeil et de l’agitation (d’où le terme ‘lunatique’). Des études scientifiques ont montré que le sommeil commence plus tard et est plus court (vingt minutes) durant les 3 à 5 nuits précédant la pleine lune. Ce phénomène pourrait provenir de la lumière de la pleine lune qui perturberait la production de mélatonine, hormone régulant le sommeil. Le dicton est donc explicable.

Pareidolie lunaire :

Une pareidolie est le processus mental selon lequel le cerveau transforme des stimuli visuels par exemple en forme familière et reconnaissable. En effet, notre cerveau interprète les données sensorielles qu’il reçoit en les comparant à des modèles déjà stockés dans notre mémoire.

En regardant attentivement la pleine lune et avec un peu d’imagination, vous verrez un lapin tel que figuré ci-dessous : serait-ce le lapin de jade de la déesse Chang’e ?

Source : Wikipédia

En dehors de ce lapin, certains peuvent voir un être humain portant des bâtons, le visage d’un homme, une femme portant une cruche ou encore un crapaud.

Exploration lunaire :

La conquête spatiale s‘inscrit dans le cadre général de la guerre froide entre les USA et l’Union Soviétique. Les deux superpuissances, après avoir développé leur arsenal nucléaire, devaient montrer leur suprématie mondiale et l’espace est devenu le nouveau théâtre de leur rivalité. C’est l’Union Soviétique qui a d’abord marqué les esprits avec l’envoi du premier satellite artificiel le 4 octobre 1957 (Spoutnik 1 et son fameux « bipbip » diffusé sur toutes les chaines de radio mondiales) et 1 mois plus tard l’envoi de la chienne Laïka dans l’espace avec Spoutnik 2.

Spoutnik 1, sphère de 58 cm de diamètre pesant 83,6 kg, Source : Wikipédia

Explorer 1, tube de 205 cm de longueur et 16,5 cm de diamètre, 13,97 kg dont 8,3 kg d’instruments scientifiques, Source : Wikipédia

La course à l’espace vient de commencer : prochaine étape un humain dans l’espace, puis la Lune, puis un humain sur la Lune, qui va gagner ?

L’Union Soviétique va accumuler les premières :

  • 4 janvier 1959 : la sonde Luna 1 rate la Lune mais la survole
  • 13 septembre 1959 : Luna 2 est la première sonde à percuter la Lune dans la mer des Pluies
  • 07 octobre 1959 : Luna 3 dévoile les premières photos de la face cachée de la Lune montrant un relief déchiqueté en contraste avec les bassins de la face visible
  • 19 août 1960 : les chiens Belka et Strelka reviennent vivants sur terre après un vol orbital
  • 12 avril 1961 : Youri Gagarine, premier humain dans l’espace lors d’un vol orbital

Les USA ne sont pas en reste :

  • 31 janvier 1961 : Ham le premier chimpanzé est envoyé dans l’espace pour un vol suborbital
  • 5 mai 1961 : Alan Shepard est le premier Américain dans l’espace lors d’un vol suborbital
  • 6 août 1961 : John Glenn est le premier Américain en orbite terrestre

Le 12 septembre 1962, le président JF Kennedy promet de voir un Américain sur la Lune avant la fin de la décennie dans le cadre du programme Apollo : « We choose to go the Moon » afin de récupérer le prestige national perdu. La course à la Lune est lancée avec déjà une avance pour l’Union Soviétique.

L’argent coulant à flot, le programme Apollo avance au pas de charge malgré l’accident d’Apollo 1 au cours duquel, par suite d’un incendie, décèdent les trois astronautes au cours d’une répétition au sol. Après quelques missions de test et de répétition, le 16 juillet 1969, Apollo 11 est lancé avec à son bord Neil Amstrong, Buzz Aldrin et Michael Collins. Le 21 juillet le module lunaire Eagle se pose sur la surface lunaire dans la mer de la Tranquillité, Neil Amstrong fait ses premiers pas sur la Lune et prononce la célèbre phrase « C’est un petit pas pour l’homme mais un bond de géant pour l’Humanité ». Le pari américain est gagné, les USA sont les premiers à fouler le sol lunaire. C’est au cours de la mission Apollo 15 (26 juillet 1971) que le premier rover piloté roule sur la Lune.

Source : Wikipédia

Le programme Apollo se termine avec Apollo 17 en décembre 1972. Les différentes missions ont permis de rapporter sur Terre 382 kg de sol lunaire et de nombreuses expériences scientifiques ont été réalisées notamment géologiques. Le coût total du programme Apollo a été estimé à 288 milliards de dollars US (valeur 2019 corrigée de l’inflation).

L’objectif Lune est-il terminé ? Non car l’Union Soviétique, ayant abandonné l’idée de réaliser des missions habitées, va poursuive l’exploration lunaire avec les sondes spatiales Luna et ainsi réaliser quelques premières : Luna 3 photographie en 1959 la face cachée de la Lune, Luna 9 se pose sur la Lune en 1966, Luna 16 (1970) est le premier robot à ramener des échantillons de roche lunaire sur Terre, Luna 17 (1970) et 21 (1973) déposent sur la Lune les premières « astromobiles » téléguidées depuis la Terre. Luna 24 (1976) est la dernière mission soviétique envoyée vers la Lune.

Est-ce la fin de l’exploration lunaire ? Non, car de nouvelles puissances lorgnent également sur la Lune à partir de 1990 :

  • Japon : la première mission lunaire japonaise est effectuée par la sonde Selene en 2007. Cet orbiteur de 2,8 tonnes a pour mission de collecter des données de la surface de la lune et de son environnement
  • Europe : en septembre 2003, Smart-1 est lancé par une fusée Ariane depuis la base spatiale de Kourou. Cette sonde est mise en orbite lunaire en novembre 2004 afin de définir de futurs sites d’alunissage. Le principal objectif de Smart-1 était de tester un nouveau type de propulsion électrique
  • Chine : Le programme Chang’e a débuté en 2007 avec la sonde Chang’e-1 mise en orbite lunaire pour cartographier et modéliser certaines régions de la Lune. En 2013 Chang’e 3 se pose sur la Lune et y dépose dans la Mer des Pluies un rover automatique de 140 kg nommé Yutu (Lapin de jade). Chang’e 4 en décembre 2018 réussit pour la première fois un atterrissage sur la face cachée de la Lune. Le retour d’échantillons lunaires est réalisé avec les missions Chang’e 5 et 6 en 2020 et 2024
  • Inde : En 2008, Chandrayaan-1 est placé en orbite lunaire avec 11 instruments scientifiques fournis par les USA et l’Europe pour étudier le volcanisme récent, les tubes de lave ainsi que la présence éventuelle d’eau sur la Lune. Hélas, au bout de neuf mois, une panne réduit la sonde au silence.
  • Israël : En 2019, une sonde israélienne nommée Beresheet lancée depuis les USA, est placée en orbite lunaire. L’objectif scientifique était de mesurer le champ magnétique de la Lune et d’y poser un réflecteur afin de mesurer la distance Terre-Lune. Hélas, l’alunissage a échoué et la sonde s’est écrasée dans la mer de la Sérénité

La lune continuant à fasciner, la prochaine course avec des vols habités va se jouer entre la Chine et les USA. La Chine prévoit que d’ici 2030 des Taïkonautes se poseront sur la Lune alors que, si tout se passe comme prévu, les USA le feront d’ici à 2028 avec le programme Artemis. Qui va gagner ? Le pronostic est difficile à écrire car le programme américain rencontre des problèmes qui vont sans doute retarder le jour J, alors que le programme chinois avance à pas de géant…mais discrètement !

Mais pourquoi cette course effrénée vers la Lune : parce qu’elle pourrait être un véritable coffre-fort. Les scientifiques du domaine estiment que l’intérieur des cratères lunaire pourrait cacher plus de 1000 milliards de dollars US de platine et autres métaux précieux comme le palladium ou l’iridium. En plus de ces métaux précieux, le régolithe semble contenir des quantités importantes d’hélium-3 candidat prometteur pour alimenter avec du deutérium les futurs réacteurs de fusion nucléaire (on considère qu’il y aurait assez d’hélium-3 sur la Lune pour produire l’énergie dont la Terre a besoin pendant 10 000 ans. La Lune deviendra-t-elle une gigantesque mine à ciel ouvert ? Peut-on légalement extraire des minerais à la surface de la Lune ? Légalement non car le traité de l’espace de 1967 pose le principe de non-appropriation des terrains lunaires et l’accord sur la Lune de 1979 affirme que les ressources lunaires sont le patrimoine de l’humanité. En octobre 2020, les Etats Unis propose les accords Artemis qui redéfinissent l’interprétation du droit applicable à l’exploration de la Lune. Pour faire simple : l’appropriation des ressources spatiales ne constitue pas une appropriation nationale. Cette lecture ne fait pas l’unanimité, même si 61 pays (dont la France) ont signé ces accords, la Chine et la Russie ont refusé de signer ces accords les jugeant trop américano-centrés.

L'auteur de ces quelques lignes espère que lui- même et/ou les générations futures ne verront jamais ce type d'image.

Lune, art et culture :

Si la Lune a fasciné nos ancêtres, elle l’a fait également plus tard et encore de nos jours. En effet, elle a été la muse de nombre de poètes, une source d’inspiration pour les peintres, écrivains et cinéastes.

Elle est présente dans de nombreuses œuvres poétiques, dans la poésie romantique, la Lune est liée aux sentiments et à la nature. Chez les poètes symbolistes, la Lune est un élément de rêve et d’harmonie. Et dans la poésie plus moderne, la Lune est un élément parmi d’autres mais elle évoque toujours le rêve, le temps qui passe et l’inconnu.

Dans la littérature, la Lune apparait dans différents genres : roman, théâtre, conte. Elle peut renforcer une atmosphère inquiétante, accompagner la mélancolie ou la solitude des personnages, être le témoin du temps qui passe ou une source d’illusion surtout dans les contes ou récits fantastiques. Du côté des bandes dessinées, la Lune est un thème très présent et elle sert de décor d’aventure, de symbole poétique ou encore de prétexte scientifique…qui ne se souvient pas de Tintin dans l’album ‘On a marché sur la Lune » ou de la Lune servant de support publicitaire dans l’album « Z comme Zorglub ».

Source : Wikipédia

Dans le septième art, la Lune peut être une destination (par exemple : « Le voyage dans la Lune » de Méliès, « 2001 : l’odyssée de l’espace » de Stanley Kubrick), un symbole comme la solitude, le mystère, la nostalgie (par exemple : « E.T. de Steven Spielberg, « Moon » de Ducan Jones) ou un personnage (« Moonfall » de Roland Emmerich).

Source : Wikipédia

Dans la musique, La Lune a toujours été une source d’inspiration dans la musique, tous styles confondus. Par exemple : la comptine enfantine « Au clair de la lune » connue de tous, au niveau de la musique classique la célébrissime « Sonate au clair de lune » de Ludwig von Beethoven ou encore « Clair de lune » de Gabriel Fauré ou de Claude Debussy, un très grand nombre de chansons évoquent la Lune comme la « Ballade à la Lune » de Georges Brassens, « La complainte de la Butte » de Cora Vaucaire, « J’ai demandé à la Lune » d’Indochine, « La Lune » de Christophe Maé, pour ne parler que de celles-là.

Remerciements : merci à l'équipe de médiateurs-ices de la Rotonde (Ecole des Mines de St-Etienne) pour la lecture critique de cet article.

Illustrations : les illustrations non référencées ont été créées par intelligence artificielle

Principales références :

Formation de la Lune - CAABM

Formation lunaire - NASA Science

Impact de la taille de la Lune sur les éclipses totales de Soleil - Destination Eclipses

Explorez les étoiles dans le ciel nocturne | Guide astronomique essentiel

L'impact de Théia et son rôle clé dans la vie sur Terre

Des roches lunaires pourraient enfin révéler les origines cosmiques de Théia, la planète qui donné naissance à la Lune il y a 4,5 milliards d'années - Science et vie

Les Mythes et Légendes Lunaires à Travers le Monde – Lune Faction

Mythes et légendes de la Lune: De l’Égypte à la Chine – LE TEMPLE DE LA LUNE

La Lune en 5 mythes et croyances qui ont la vie dure

Exploration de la Lune — Wikipédia

Programme Luna — Wikipédia

Une brève histoire de l'exploration lunaire | National Geographic | National Geographic

Chronologie – De Luna 1 à Artemis II, 66 ans d’exploration de la Lune - Le Temps

Programme Luna — Wikipédia

Chang’e 7 et 8 : prochaines étapes du programme lunaire chinois

Le programme Artemis : tout savoir sur le retour de l’Homme sur la Lune - Planete telescope