Ma science en 180 secondes par Marc-Olivier

Publié par Julie Fortin, le 24 mai 2017   410

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10 scientifiques ont relevé le défi de monter sur scène et de présenter leur science en 180 secondes mardi 16 mai 2017 lors de l'évènement Ramène ta Science.

Ils ont été accompagnés par deux comédiens professionnels, Isabelle et Nathaniel, pour la mise en scène du spectacle. Isabelle et Nathaniel leur ont également proposé des ateliers de théâtre ce qui leur a permis d'acquérir des techniques en communication orale et de gestion du trac. Les séances de préparation ont également permis aux scientifiques à mieux se connaître et à créer l'esprit de groupe.

Voici le texte de Marc-Olivier Beausoleil, étudiant en Master Recherche en biologie spécialisé en écologie évolutive à l'Université Mc Gill, à Montréal.

« Je suis un écologiste qui étudie l’évolution.

Je travaille sur les îles Galápagos. Ces îles sont très loin dans l’océan pacifique et il y a plusieurs animaux qui y habitent, dont des petits oiseaux appelés les pinsons de Darwin. Ce sont eux que j’étudie.

Aujourd’hui, il existe environ 14 sortes de pinsons ayant des formes et des modes de vie différents.

On appelle ça des espèces. Mais au départ, il y a environ 2 millions d’années, il y en avait qu’une seule.

Comment est-ce que les nouvelles espèces se sont formées à partir de cet ancêtre commun et 
est-ce que de nouvelles formes de pinsons apparaissent encore aujourd’hui ? Bref, je cherche à comprendre l’évolution de ces espèces.

On peut différencier les espèces de pinsons à la forme de leur bec. Il y en a avec de gros becs, des petits, des longs ou des courts, et d’autres ont un bec ressemblant à celui d’un perroquet !

Leurs becs ont changé, petit à petit, à travers les générations, pour correspondre à la nourriture qu’ils préfèrent ; il y en a qui mange des insectes, des fleurs de cactus et d’autres les graines des végétaux.

Afin de répondre à ma question sur la formation des espèces :
1. Je cherche, premièrement, à mesurer les différences de becs entre mes oiseaux (certains seront plus petits, d’autres plus gros).
2. Deuxièmement, j’observe si leur apparence physique, comme leur bec, est reliée à une transmission de bagage génétique. Au fond, je cherche à connaitre si les oiseaux adultes auront des poussins qui leur ressemblent.
3. Finalement, je cherche à savoir si certains types de becs sont plus avantageux que d’autres dans l’environnement. 
Par exemple, une année où il pleut beaucoup amènera plus d’insectes et des graines ce qui avantage les pinsons spécialisés à cette diète, 
alors qu’une année de sécheresse diminuera les réserves de nourriture des pinsons créant ainsi un désavantage pour ces individus.

Si tous ces éléments sont réunis, il est possible de comprendre comment les espèces changent suffisamment pour en former de nouvelles.

Cela est important puisque les espèces ont une grande valeur pour la population qui bénéficie de services qu’elles apportent.

Par contre, pour étudier les pinsons de Darwin, je dois me préparer et voyager aux îles Galápagos. Et ça demande beaucoup de préparation ; pas vraie Caroline ? »

Qui est Marc-Olivier ?

Curieux de comprendre l’origine et la formation de nouvelles espèces, il étudie les mécanismes évolutifs causant des changements génétiques et morphologiques chez les organismes vivants, en particulier, chez les pinsons de Darwin.